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À peine a-t-on refermé un tel livre que l'on cherche aussitôt à comprendre les raisons de l'envoûtement dans lequel l'on a, quelques jours, été plongé. Le dernier livre d'Antonio Munoz Molina invite d'autant plus à un tel exercice que son "héros" effectue un retour sur soi dont nul ne peut s'exempter. Ignacio Abel promène, à travers son tout frais exil, un regard mi-désabusé, mi-résigné sur les derniers mois qu’il vient de vivre, fuyant une Espagne livrée à la guerre civile et à sa folie meurtrière. Un même chaos s'est emparé de sa vie à travers une passion amoureuse qui, comme la violence le détache de sa patrie en folie, l'éloigne de sa famille et rompt les compromis qui avaient accompagné sa promotion sociale. Abel, jusqu'alors tout entier concentré sur son travail, sa réussite, sa carrière, est rattrapé par une double folie qui l'entraîne et le rejette fougueusement loin de ce qu'était alors sa vie, ses certitudes, ses facilités.
Molina aime nous faire sentir que « rien n'est jamais acquis à l’homme » et que l'Histoire comme l'amour sont là pour lui rappeler sa fragilité, ou celle des accommodements auxquels, quittant sa jeunesse, il a pu de bonne foi se livrer. Rien n'est donné une fois pour toutes, nous dit-il, ajoutant que seul ce qui peut (va ?) nous être repris a une véritable valeur, comme la vie elle-même. Si Abel est touchant, c'est aussi par sa soudaine faiblesse, lui qui, orphelin très tôt, a bâti sa vie, en a soulevé le poids rendu toujours plus lourd par ses succès même, pour au final se sentir écrasé, presque heureux (mais fini ?) d'en être enfin libéré par la tragédie. Le voici rendu à lui-même par la perte de tout ce qu'il a voulu (plus qu'il ne l'a aimé), affolé par cette liberté nouvelle qui ne garantit rien.
Que veut nous dire Molina que nous puissions entendre ? Au-delà de la formidable reconstitution du Madrid enfiévré de l’été 36, au-delà de la lâcheté si humaine de son personnage, qui ne cesse au fond de fuir comme profitant du désordre, simplement ceci : qu'une fois débarrassé des illusions que nous entassons comme une barricade face au flux de la vie, il ne nous reste plus que la peur. Une peur inhérente à notre condition que la vérité nous aide mieux à affronter que tous les rêves que nous nous construisons, que toutes les habitudes auxquelles, paresseusement, trop souvent nous cédons.
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Question n° 21595 adressée à M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes,
Publiée le : 22/12/2011
Texte de la question : M. Gaëtan Gorce interroge M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur les éléments d'information dont dispose le Gouvernement s'agissant de la suite donnée par le Gouvernement tchadien à l'enquête qui devait être conduite pour éclaircir les conditions de la disparition de l'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh. La commission d'enquête qui avait été diligentée à l'initiative de l'Union européenne et de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) avait en effet, en août 2008, conclu à l'implication des plus hautes sphères de l'État tchadien dans cette affaire. Elle avait par ailleurs mis à jour le comportement des forces régulières tchadiennes qui n'avaient pas hésité, durant les événements qui ont suivi la répression de la rébellion venue du Soudan, à bombarder leurs propres populations au moyen d'hélicoptères. Tous ces faits, d'une extrême gravité, ont suscité l'émotion de notre Assemblée nationale qui a voté à l'unanimité, le 25 mars 2010, une résolution exigeant que les conclusions de cette commission d'enquête soient mises en œuvre et qu'en particulier des observateurs extérieurs puissent accompagner l'instruction. C'est pourquoi il aimerait connaître les conclusions de la dernière mission conjointe de l'Union européenne et de l'OIF qui s'est rendue sur place, et qui a certainement pu juger alors du sérieux et des avancées de l'enquête sur la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. Sachant que les auditions des témoins de cette affaire ont débuté le 13 juin 2011, il souhaite savoir si elles ont pu être menées à leur terme, et quelles sont les conclusions qui ont pu en être tirées. Voici en effet maintenant près de quatre ans que les faits se sont produits et plus de trois ans que l'instruction a été engagée sans qu'aucun résultat tangible n'ait pu être enregistré. Ce constat est particulièrement alarmant, aussi bien au regard du respect des droits de l'homme au Tchad, qu'à l'égard de la France et de la communauté internationale dont le Tchad moque ouvertement les recommandations. Il souhaite donc savoir si le ministre des affaires étrangères a l'intention de prendre de nouvelles initiatives permettant d'accélérer les choses, ou s'il estime que d'autres formes de procédures, à commencer par la saisine de la Cour pénale internationale, devraient être envisagées, comme cela a été fait pour d'autres événements d'une aussi grande gravité qui se sont déroulés récemment en Afrique.
Réponse de M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes,
À publier le : 29/03/2012, page 783
Texte de la réponse : La disparition de l'opposant tchadien Ibni Oumar Saleh, le 3 février 2008, à l'occasion de l'attaque de N'Djaména par des mouvements rebelles, continue de faire l'objet d'une importante mobilisation de la part de la France. Dès l'annonce de cette disparition, le ministère des affaires étrangères et européennes est intervenu auprès des autorités tchadiennes et n'a eu de cesse depuis lors de faire le point sur l'enquête en cours et d'insister sur la nécessité que la justice soit faite. Cette mobilisation constante s'appuie sur la résolution votée par l'Assemblée nationale française le 25 mars 2010, enjoignant le Gouvernement d'obtenir des autorités tchadiennes qu'elles fassent la vérité sur la disparition de M. Saleh. Suivant les recommandations du rapport de la commission d'enquête internationale remis en août 2008, le gouvernement tchadien a porté plainte pour qu'une enquête soit ouverte sur cette disparition et sur les autres crimes commis lors de l'attaque rebelle (viols, violences, destructions, arrestations arbitraires). Un comité de suivi a été créé afin de veiller à la mise en œuvre des recommandations, notamment du volet judiciaire. À la suite de l'intervention de notre ambassadeur chargé des droits de l'homme en juin 2010, les autorités tchadiennes ont accepté la nomination de deux expert juridiques internationaux au comité de suivi, afin de veiller au bon déroulement de la procédure. Désignés respectivement par l'Union européenne et l'Organisation internationale de la francophonie, ceux-ci ont effectué plusieurs missions en 2010 et 2011 et fait des recommandations pour renforcer la crédibilité du comité de suivi, notamment celle de revoir sa composition afin de garantir sa neutralité. Ces recommandations ont été suivies par les autorités tchadiennes, sous la forme d'un décret présidentiel du 23 mai 2011 nommant les deux experts internationaux membres du comité de suivi et en excluant les personnalités citées dans le cadre des enquêtes en cours sur les événements survenus au Tchad du 28 janvier au 8 février 2008. La mission de l'expert européen a pris fin en décembre 2011 mais celle de l'expert de l'OIF se poursuit. Le comité de suivi s'est réuni le 13 octobre 2011 afin de faire le point sur l'avancée de l'enquête judiciaire. À cette occasion, les autorités tchadiennes ont réaffirmé leur volonté qu'un procès ait lieu. Le 3 février 2012, le Premier ministre du Tchad s'y est à nouveau engagé et a présenté un rapport faisant le point sur la mise en œuvre des recommandations de la commission d'enquête, telles que l'indemnisation des victimes de viol, la lutte contre le recrutement d'enfants par les forces armées, la formation des armées au respect des droits de l'homme, le projet de réglementation sur l'ouverture de tout lieu de détention aux visites, la poursuite du dialogue politique national, la réforme de la loi sur la presse et la réforme de la justice. En ce qui concerne l'enquête sur la disparition d'Ibni Oumar Saleh, la France a encouragé le Tchad à laisser la justice travailler en toute indépendance et à lui en donner les moyens. Le juge d'instruction poursuit actuellement son travail au Tchad. Plusieurs hauts responsables en fonction au moment des faits (un ancien ministre, le directeur de l'Agence nationale de la sécurité) ont été auditionnés. Les membres de la famille du disparu résidant en France devraient également l'être dans le cadre d'une commission rogatoire internationale. Les conclusions de l'enquête, qui semble toucher à sa fin, et l'ouverture d'un procès au Tchad sont désormais attendues. La France continuera d'intervenir sans relâche auprès des autorités tchadiennes pour que l'enquête judiciaire aboutisse à un procès qui permette d'établir la vérité. Cet engagement a été réaffirmé devant la ministre des droits de l'homme tchadienne, lors d'un entretien au ministère des affaires étrangères et européennes, le 7 février 2012.
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Question n° 21528 adressée à M. le ministre chargé des collectivités territoriales
Publiée le : 22/12/2011
Texte de la question : M. Gaëtan Gorce attire l'attention de M. le ministre chargé des collectivités territoriales sur le transfert des pouvoirs de police du maire au président d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre, prévu à l'article L. 5211-9-2 alinéa 1 du code général des collectivités territoriales (CGCT). Cet article prévoit notamment que « sans préjudice de l'article L. 2212-2, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière d'assainissement, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement les attributions lui permettant de réglementer cette activité ». Or, cet article ne renvoie à aucune disposition permettant de déterminer quelle est l'étendue du pouvoir de police ainsi transféré. Une partie de ces pouvoirs figure aux articles L. 1331-1 et suivants du code de la santé publique (CSP). Si l'article L. 1331-10 prévoit qu'en cas de transfert de compétences, le pouvoir d'autoriser le déversement des eaux usées autres que domestiques dans le réseau de collecte, normalement dévolu au maire, est exercé par le président de l'EPCI, d'autres pouvoirs sont prévus au titre de l'assainissement. Ainsi, la commune dispose de la possibilité d'exécuter d'office des travaux nécessaires au bon fonctionnement du réseau, à la charge des propriétaires (article L. 1331-6 du CSP). De plus, les articles L. 2213-29, L. 2213-30 et L. 2213-31 du CGCT prévoient des pouvoirs de police pour le maire, qui, notamment, « ordonne les mesures nécessaires pour assurer l'assainissement » (article L. 2213-30 du CGCT). Il lui demande en conséquence de bien vouloir clarifier l'état du droit sur ce point, et de lui préciser si les pouvoirs transférés au président de l'EPCI par l'article L. 5211-9-2 alinéa 1 du CGCT se limitent aux pouvoirs de nature réglementaire ou incluent également les pouvoirs d'exécution mentionnés aux articles L. 1331-6 du CSP et L. 2213-29 et suivants du CGCT. En effet, les mesures prises par les présidents d'EPCI bénéficiaires de ce transfert de pouvoir sont susceptibles d'être remises en cause du fait de ces incertitudes.
Réponse de M. le ministre chargé des collectivités territoriales
À publier le : 29/03/2012, page 791
Texte de la réponse : Conformément au premier alinéa du I de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales (CGCT), « lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière d'assainissement, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement les attributions lui permettant de réglementer cette activité ». Au regard des dispositions précitées, le pouvoir de police spéciale transféré au président de l'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre consiste à réglementer l'assainissement. Ce pouvoir de police spéciale est fondé sur les articles L. 13111-1 et L. 1311-2 du code de la santé publique. Conformément à l'article L. 1311-1 du code de la santé publique, des décrets en Conseil d'État « fixent les règles générales d'hygiène et toutes autres mesures propres à préserver la santé de l'homme, notamment en matière [...] d'évacuation, de traitement, d'élimination et d'utilisation des eaux usées ». Les dispositions réglementaires précitées peuvent être « complétées par des arrêtés du maire ayant pour objet d'édicter des dispositions particulières en vue d'assurer la protection de la santé publique » dans la commune en vertu de l'article L. 1311-2 du même code. Ainsi, le pouvoir de police spéciale transféré au président de l'EPCI à fiscalité propre se limite aux mesures de nature réglementaire relatives à l'assainissement. Les pouvoirs de police spéciale du maire consistant à accorder des dérogations pour le raccordement de certains immeubles aux réseaux publics de collecte (article L. 1331-1 du code de la santé publique) ou à prescrire la suppression des mares ou fossés à eau stagnante (articles L. 2213-29 à L. 2213-31 du CGCT) ne font donc pas l'objet d'un transfert au président de l'EPCI à fiscalité propre. Il convient cependant de préciser que l'article L. 1331-10 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue de l'article 64 de la loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010, prévoit un régime spécifique en ce qui concerne les autorisations de déversement d'eaux usées non domestiques dans le réseau public de collecte. Si ces autorisations sont en principe délivrées par le maire, elles sont en revanche délivrées par le président de l'EPCI ou par le président du syndicat mixte « lorsque la compétence en matière de collecte à l'endroit du déversement a été transférée à un établissement public de coopération intercommunale ou à un syndicat mixte ». Enfin, les autres dispositions des articles L. 1331-1 et suivants du code de la santé publique, notamment en ce qui concerne la possibilité de procéder d'office à certains travaux aux frais du propriétaire défaillant (article L. 1331-6 du même code), font référence à des compétences de la commune et non à des pouvoirs de police spéciale du maire. Ces mesures ne relèvent donc pas du champ d'application de l'article L. 5211-9-2 du CGCT.
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Question n° 20800 adressée à M. le ministre chargé des transports
Publiée le : 10/11/2011
Texte de la question : M. Gaëtan Gorce interroge M. le ministre chargé des transports sur les modalités d'établissement des cartes routières pour les GPS. M. Gorce aimerait savoir quel est l'organisme à l'origine des cartes routières enregistrées dans les appareils GPS : s'agit-il de l'Institut géographique national (IGN) ? Ou bien l'établissement de ces cartes est-il laissé à la responsabilité des fabricants de GPS ? Dans ce dernier cas, les cartes routières établies par les fabricants font-elles l'objet d'une vérification de la part des autorités administratives françaises ? Enfin, ayant constaté plusieurs erreurs préjudiciables dans les indications routières fournies par certains GPS, il aimerait connaître les modalités par lesquelles il serait possible de faire modifier les cartes GPS erronées.
Réponse de M. le ministre chargé des transports
À publier le : 16/02/2012, page 448
Texte de la réponse : Les cartes routières enregistrées dans les systèmes de navigation (GPS) sont établies par des organismes ou entreprises publics comme privés. Elles ne font pas l'objet de vérification de la part des autorités administratives françaises. L'État a cependant le souci de veiller à l'amélioration de la qualité de l'information fournie par ces systèmes dans un objectif d'amélioration de la sécurité routière. C'est pourquoi la Délégation à la sécurité et à la circulation routières poursuit un dialogue avec les opérateurs de géonavigation et les cartographes, qui réalisent les fonds cartographiques et collectent sur le terrain les informations qui y figurent (vitesses, sens de circulation, interdictions de circulation, etc.).
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Question n° 20559 adressée à M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration transmis à M. le ministre chargé des collectivités territoriales
Publiée le : 27/10/2011
Texte de la question : M. Gaëtan Gorce alerte M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration sur les conditions d'exercice de leur mandat des maires des communes de moins de 3 500 habitants. En effet, les maires de ces communes ne bénéficient que d'un crédit de 105 heures par trimestre, alors que celui des maires des communes de plus de 10 000 habitants est de 140 heures (art. L. 2123-1 et R. 2123-5 du code général des collectivités territoriales). La législation semble ainsi méconnaître la réalité des fonctions des maires des communes rurales, puisqu'il apparaît que plus la commune est petite, plus le maire a besoin de temps à lui consacrer, car les tâches qui lui sont assignées sont de plus en plus nombreuses et variées. Cette différence de traitement portant préjudice au bon exercice du mandat des maires des petites communes, il lui demande les mesures qu'il compte prendre afin de permettre à ces élus de bénéficier du temps nécessaire au bon exercice de leurs fonctions.
Réponse de M. le ministre chargé des collectivités territoriales
À publier le : 19/01/2012, page 176
Texte de la réponse : Afin de disposer du temps nécessaire pour l'exercice de ses fonctions électives locales, le salarié détenant un mandat local peut bénéficier de droits d'absence. Il peut solliciter de la part de son employeur des autorisations d'absences pour se rendre et assister aux séances plénières du conseil municipal ainsi qu'aux réunions des commissions et organismes auprès desquels il représente la commune. Par ailleurs, l'article L. 2123-2 du code général des collectivités territoriales (CGCT) autorise les maires, les adjoints au maire et sous certaines conditions, les conseillers municipaux à faire usage d'un crédit d'heures pour participer à l'administration de leur commune ou des organismes auprès desquels ils la représentent et à la préparation des réunions des instances où ils siègent. Le législateur a fixé la durée du crédit d'heures, forfaitaire et trimestriel, par référence à la durée hebdomadaire légale du travail en fonction du mandat exercé et de la strate démographique de la commune. Ainsi, le maire d'une commune de moins de 3 500 habitants dispose d'un crédit d'heures de 105 heures alors que le maire d'une commune de plus de 10 000 habitants bénéficie d'un crédit d'heures de 140 heures. Le dispositif de crédit d'heures a été largement amélioré par la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. Avant cette loi, les maires des communes de moins de 10 000 habitants ne disposaient que de 52 h 30 de crédit d'heures trimestriel. En outre, le crédit d'heures utilisé en qualité de maire est cumulable avec celui résultant, le cas échéant, d'autres mandats locaux pour lesquels un crédit d'heures est expressément prévu, ainsi qu'avec les autorisations d'absences, dans la limite de la moitié de la durée légale du travail pour une année civile. Compte tenu de ces éléments, il n'est pas envisagé de proposer au Parlement une augmentation du volume légal de crédit d'heures des maires des communes de moins de 3 500 habitants, dont les conséquences potentielles sur le fonctionnement des entreprises ne doivent en outre pas être sous-estimées.
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cet article a été écrit avant que cette affaire ne connaisse son épilogue.
Il n'est pas d'autre mot pour qualifier le drame de Toulouse que celui d'"horreur", d'horreur absolue ! Et si tous nous avons ressenti une profonde indignation, celle-ci aurait d'abord dû laisser place au silence et au recueillement. Par respect pour les victimes et leur famille, parce que leur peine, justement, est indicible.
Mais sans doute était-ce trop demander à notre société hyper-médiatique. Et si les candidats ont su s'obliger à se taire, les télévisions comme les radios n'ont une fois de plus pas su résister à l'emballement. Spéculations sur le profil du criminel, reporters postés devant chaque école, chaque église, chaque synagogue. Et puis, comme pour démentir la sincérité des émotions montrées en direct par les commentateurs, des mots indécents : ceux de Pujadas par exemple, après une longue séquence tout entière consacrée à la tuerie, qui le lundi soir du drame nous "souhaite une très belle soirée", pas moins, comme si tout ce qui précédait n'avait été qu'une parenthèse entre pub et bulletin météo ! Comme s'il était impossible à ce système de se mettre à la hauteur d'un événement qui en dit long sur notre monde et ceux qui l'habitent mais plus encore sur la douleur épouvantable qui peut frapper l'un de nos frères humains. Je me souviens qu'à la mort du Président Pompidou, télévision et radios s'étaient tues. Interrompre ce bruit, cet indécent bourdonnement, ne serait-ce que quelques heures, n'est donc plus possible aujourd'hui. The show must go on ! Et entretenir l'émotion. Ne pas laisser le temps à la douleur de se séparer du choc de l'information pour prendre, dans notre cœur et notre esprit, sa vraie place. Pour laisser à chacun d'entre nous le temps de se retirer en lui même pour à travers sa peine, sans mise en scène, la partager, sans les connaitre, avec les proches et les familles...
Au regard de la violence du crime perpétré à Toulouse, cette petite infraction aux règles de simple humanité pèse bien peu. Mais elle nous confirme que le tragique, lorsqu'il se présente, est avalé, recyclé et au final banalisé par une machine à sons et à images à laquelle le silence est devenu étranger. Nous devons y réfléchir pour ne pas succomber, pour ne pas laisser au final mettre sur le même plan ce qui nous trouble et ce qui nous révolte, ce qui nous touche et ce qui nous bouleverse, ce qui ne change rien et ce qui, comme l'horreur de ce lundi, change tout.
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Je serai mercredi 21 mars à 20h30 à la salle des fêtes de Conflans Sainte Honorine, à l'invitation de mon collègue Sénateur Philippe Esnol, pour une rencontre-débat sur l'histoire et l'avenir du socialisme, ouverte à tous !
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À l’instar de 2007, deux facteurs semblent déterminants dans les intentions de vote de nos concitoyens. Le premier est en perte de vitesse : c’est la crédibilité attendue des candidats. Décélération d’autant plus surprenante que l’Europe se retrouve confrontée, cela a été dit à de multiples reprises, à l’une des plus grandes crises de son histoire, et que la France est loin d’avoir réglé ses problèmes de dette et, consécutivement, de déficit. On pourrait penser, dans ces conditions, que nos concitoyens auraient à cœur de privilégier les candidats et les programmes faisant appel à la raison, s’appuyant sur la vérité des faits et des chiffres, mettant en avant leur aptitude à construire et à mettre en œuvre des solutions à la fois rigoureuses et innovantes.
À première vue, il n’en est rien. Et c’est le second critère du vote qui semble aujourd’hui s’imposer : le rejet du système. Un rejet nourri lui aussi par la crise, mais cette fois par la peur et les acrimonies qu’elle suscite, un rejet en lien avec la montée de la protestation sociale ou parfois quasi-xénophobe. Un rejet porté par l’attitude, au pire arrogante, au mieux indifférente, d’élites semblant se désintéresser du destin commun.
Ce rejet, il bénéficie naturellement d’abord aux candidats qui en ont fait leur stratégie première. Il semble aujourd’hui tenter le représentant le plus accompli du système lui-même, qui cherche ainsi à se redonner une sorte de virginité politique en contournant et son bilan, et sa place dans les institutions. Il est frappant d’observer que face à cette double détermination les deux candidats de tête semblent suivre aujourd’hui une trajectoire inverse. D’abord défenseur de l’Europe, mettant en avant son amitié avec les puissants, à commencer par Angela Merkel, faisant valoir ses efforts pour sauver l’Euro, Nicolas Sarkozy a aujourd’hui choisi de se débarrasser d’un costume trop bien taillé pour revêtir l’habit du sans-culotte, prêchant la révolte contre tous ceux qui menaceraient sans vergogne notre exception française. Le voilà apôtre des frontières et des contrôles qu’elles exigent ; pourfendeur des riches et des exilés fiscaux ; de nouveau soucieux, malgré sa politique, des ouvriers victimes des délocalisations. Bref, prêt à engager la rupture, comme en 2007, mais cette fois avec son propre bilan. L’opération est plus grossière qu’habile, mais parce qu’elle s’appuie sur des ressorts puissants (la colère qui parcourt le pays) elle produit ses effets lui permettant d’enregistrer pour la première fois une sorte de frémissement dans les sondages (néanmoins largement accentué par une de ces manipulations médiatiques dont certains se sont faits les experts).
Dès lors, c’est le candidat proclamé du changement, incarnation d’un parti resté dans l’opposition depuis 10 ans, qui risque d’être renvoyé à une défense du système dont il se veut pourtant le réformateur. Le choix qu’a fait François Hollande est à la fois celui de l’habileté et de la raison. Il ne s’est jamais trop engagé sur le chemin du redressement pour inquiéter les Français, mais suffisamment pour laisser comprendre que tout ne serait pas possible et qu’une remise en ordre des comptes publics serait inévitable. Parallèlement, il a cherché à orienter le rejet du système si fort dans l’opinion vers un vote anti-Sarkozy capable de fédérer (on le voit bien au second tour) même les contraires.
C’est cette tactique que Nicolas Sarkozy s’efforce désormais de contourner, en se livrant à des excès qui semblent lui convenir comme un gant (un Guéant ?). Quelle peut être le moyen d’y répondre ? Certes pas en minorant la volonté de transformation politique et sociale voulue par François Hollande. Celui-ci aurait aujourd’hui tout intérêt à mettre encore plus l’accent sur la réforme institutionnelle qu’il compte entreprendre et dont la portée symbolique reste lourde : non-cumul des mandats, diminution de la rémunération du Président de la République, etc.
Mais dans le même mouvement, François Hollande aurait sans doute intérêt à accentuer encore sa démonstration de crédibilité. Ce terrain abandonné par le Président sortant mérite à coup sûr d’être exploré. Il serait en effet paradoxal qu’au moment d’un choix majeur, et passé les aléas des premiers mois de campagne, nos concitoyens oublient les enjeux fondamentaux pour l’avenir du pays. À cette aune, les controverses sur la viande halal, Schengen, etc, devraient peser bien peu. Battons-nous pour remettre la campagne sur ses pieds et tous les candidats face à leurs responsabilités ! À cet égard j’observerai que l’important n’est pas, dans une Présidentielle, de participer, contrairement à ce que certains laissent entendre à travers leur chasse aux signatures, mais bien de choisir l’homme ou la femme dont la stature, la clairvoyance et la capacité de rassemblement lui permettront de diriger l’État.
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La délégation de la Wallonie à Paris recevait hier soir Maurice Nadeau et Marcel Moreau, deux écrivains liés par une vieille amitié, l'un ayant été voici 50 ans le premier lecteur - et éditeur - de l'autre.
Un "autre" qui se dit possédé par les mots, qui le réveillent tous les matins dès 5 heures. Qui parle de "machine à mains" et de "tapuscrit" pour décrire les étapes d'une écriture si fougueuse qu'elle perd des lettres en route, plaçant celui qui découvre son travail devant une interrogation : s'agit-il d'écriture, de dessin, que sais-je encore ?
Moreau use aussi de néologismes qui, comme la « chaonaissance », expriment si bien à la fois le désordre que sont et la connaissance et l'accès à celle-ci. Moreau écrit pour canaliser la violence qui l'habite, celle des sentiments, de la passion amoureuse comme celle de l'animalité, mais aussi pour exprimer un esprit de révolte que le temps n'a pas assagi. Nadeau, lui, s'est borné à faire le compte (le conte ?) de ses succès d'édition comme de ses échecs, les deux se confondant en réalité, chaque nouvelle trouvaille se soldant par un plus grand déficit. Il reste donc bien quelques mécènes, même si leur évocation lui arrache dans un souffle un : « Il faut bien s’adapter, hélas ! ».
C'est en tout cas par la lecture que l'un et l'autre vinrent à l'écriture, comme un glissement naturel, la passion de créer venant après celle de découvrir. À les écouter là (las ?), modestes, pressés de retourner à leurs livres, on les sentait un peu hors du temps, du coup nullement vaincus, comme retranchés non pas du monde mais de l'actualité... Inutile alors de se demander si un autre monde est possible. Il est là tout à côté ; il est même habité !
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